Oncle Vania, de Tchekhov, mise en scène Clairmonde Liévaux

Alexandre Sérébriakov, professeur de lettres à la retraite, a épousé, en premières noces, Véra Pétrovna, la sœur de Vania. Le couple a donné naissance à Sonia. Au décès de Véra, Alexandre a épousé Eléna Andréièvna, plus de trente ans moins âgée que lui. Ivan Pétrovitch (Vania) aime Eléna en secret. Les revenus de la propriété gérée par Vania et Sonia ne suffisent plus a subvenir au train de vie que le professeur mène en ville. Avec sa jeune épouse, il vient habiter au domaine. Il offre donc sa femme, personne fidèle et vertueuse, à la convoitise de Vania, mais aussi aux assauts du médecin de campagne Astrov qui, lui aussi, succombe à son charme.

C'est à partir de là que Tchékhov construit l'atmosphère qui va envelopper ses personnages.

Dans la dramaturgie de l'auteur, pas de quiproquos, pas de portes qui claquent, pas d'amants dans les placards. Pas d'intrigue. La vie de tous les jours. Mais, tout à coup, un éclair, un orage. Puis tout rentre dans l'ordre établi, la vie reprend sont cours, Sérébriakov a dû venir habiter à la propriété. Mais il ne supporte pas la vie à la campagne. Il y étouffe, il a des douleurs, il traîne son ennui. Il est d'une humeur massacrante. Il a alors une idée qui lui permettrait de rompre cet emprisonnement. Et c'est le coup de tonnerre qui va ébrancher l'atmosphère familiale.

L'art de Tchékhov tient dans sa manière d'installer ses personnages dans leur environnement puis de développer les relations qu'ils entretiennent les une avec ou contre les autres. Si on se laisse envoûter par le charme, si on entre dans le jeu, on ne peut être que séduit par sa façon de développer une situation qui finit par nous ramener au point de départ. Vania, dans une réplique, définit l'essence même de la pièce : « Jour et nuit, un démon m'étouffe à l'idée que ma vie est irrémédiablement perdue » (Acte II).