La Grande Roue, de Vaclav Havel, mise en scène Joe Excoffier, reprise par Marie-Claude Dubois

Il est évident que tout le théâtre de Havel, écrit pendant la sinistre période de la mainmise soviétique sur la Tchécoslovaquie, est imprégnée de la lourde présence d'un régime totalitaire.

C'est un théâtre à la fois sombre et truffé d'humour. Ecoutons Friedrich Dürrenmatt:

"Dramaturge, cher Vaclav Havel, vous avez représenté la réalité dans laquelle vous viviez avant l'affrontement du dogmatisme politique dans des pièces que beaucoup de critiques rangent au rayon de l'absurde. Pour moi, ces pièces ne sont pas absurdes, ne sont pas dénuées de signification, elles relèvent du grotesque tragique...".

On ne saurait mieux dire. Grotesque parce qu'une idée noble au départ - le communisme par exemple ou le christianisme du début - devient très vite caricature, le sens originel devient non-sens et la justice injustice.

Tragique parce que sous la caricature et les situations comiques il y a toujours l'ombre portée de toutes les dérives policières, de tous les systèmes corrompus...

Jouant cette "Grande roue", qui pervertit et broie tout sur son passage, toute l'équipe de ce spectacle est consciente que son premier devoir est de vous faire RIRE!

Après... Peut-être, dans la nuit, quelques questions?...

Jo Excoffier